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	<title>La mer blanche - البحر الأبيض &#187; bédouins</title>
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	<description>Des pensées du Proche-Orient et d&#039;ailleurs</description>
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		<title>&#8220;Et le phénomène des bédouins disparaîtra&#8221; Moshe Dayan, 1963</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Oct 2013 08:03:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[EmilieB]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une fois n’est pas coutume, je viens écrire sur des déplacements de populations, des démolitions, des confiscations de terres. Mais cette fois cela n’a pas lieu en <a href="http://merblanche.com/makhoul/">Cisjordanie</a> dans sa zone C si accueillante (sic). Non, cette fois cela a lieu en Israël. Et plus précisément dans le nord du désert du Néguev où vivent près de 200.000 Bédouins. Le gouvernement israélien envisage aujourd’hui d’en déplacer 40.000 pour les installer dans des villes. Un projet qui va à l’encontre du mode de vie bédouin, nomade, et centré sur l’agriculture et l’élevage ; et qui permettrait à Israël de récupérer des terres arabes.</strong></p>
<p><i>« Vous imaginez le gouvernement français demander à des agriculteurs de quitter leurs terres et de les obliger à s’installer à Paris ?!. Et il leur dit : ‘Vous avez 3 ans pour le faire et si vous ne le faites pas, vous serez déplacés de force’. » </i>Thabet Abu Rass travaille à l&#8217;association <a href="http://adalah.org/eng/">Adalah,</a> installée à Beer Sheva la principale ville du désert du Néguev dans le sud d’Israël. Il défend les droits de la minorité arabe en Israël (dont font partie les bédouins qui ont tous la citoyenneté israélienne) et il est la tête de proue des opposants au projet Prawer-Begin qui vise à sédentariser 40.000 bédouins dans des villes nouvelles.</p>
<p>Thabet Abu Rass parle d’un plan destructeur et raciste. Doron Almog qui coordonne le plan pour le gouvernement israélien y voit, lui, amélioration et modernité : <em>« Le but de ce plan c’est d’améliorer la qualité de vie des bédouins du Néguev. Car aujourd’hui c’est la population la plus pauvre d’Israël. Ils ont le droit à la modernité, à la scolarité et à l’emploi. C’est un grand changement que nous voulons mettre en place dans le sud d’Israël »</em>.</p>
<div id="attachment_529" style="width: 873px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins3.jpg"><img class="size-full wp-image-529" alt="Thabet Abu Rass dans son bureau à Beer Sheva Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins3.jpg" width="863" height="575" /></a><p class="wp-caption-text">Thabet Abu Rass dans son bureau à Beer Sheva<br />Photo (c) <a href="http://www.mounasaboni.com">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Le plan, toujours en discussion au Parlement, veut en fait s’attaquer aux 35 villages non reconnus du désert du Neguev. Des villages faits de maisons en tôles ou en bâches et où aucun service public n’est disponible. Khalil Al-Amour vit dans l’un de ces villages : <i>« Vivre dans un village non reconnu en Israel c’est vivre quelque part dans le désert, sans adresse postale, on est enregistré nulle part,  on n’apparaît sur aucune carte et surtout on souffre du manque de services publics : pas d’eau potable,  pas de route, pas d’infrastructure, pas d’électricité, pas d’école, de cliniques </i>». Car le gouvernement israélien ne reconnaît pas ces communautés qui, dit-il, se sont installées spontanément sans titre de propriété. Ce que conteste Khalil Al-Amour : <i>« Ma famille habite ici depuis plus de 7 générations, depuis plus de 300 ans. Nous avons un titre de propriété acheté en 1921, plus de 27 ans avant la création d’Israël ! Nous sommes heureux où nous sommes, nous voulons rester ici et préserver nos valeurs et nos traditions dont nous sommes très fiers. »</i></p>
<div id="attachment_528" style="width: 958px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins6.jpg"><img class="size-full wp-image-528" alt="Un des 35 villages bédouins non reconnus du désert du Neguev Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins6.jpg" width="948" height="632" /></a><p class="wp-caption-text">Un des 35 villages bédouins non reconnus du désert du Neguev<br />Photo (c) <a href="http://mounasaboni.com/">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p><b>Qui sont les bédouins du Neguev ?</b></p>
<p>Les bédouins sont un peuple nomade du désert qui vit de l’agriculture et de l’élevage de chèvres ou de moutons. Avant 1948, le désert du Néguev accueillait entre 66.000 et 90.000 Bédouins répartis dans 95 tribus différentes. Après la guerre de 1948 et la création de l’Etat d’Israël, 85% d’entre eux ont quitté leurs terres et ont fui vers la Cisjordanie, Gaza, la Jordanie et l’Egypte. Au début des années 50, il ne restait que 19 tribus qui ont dû, par la force des choses, se sédentariser. La loi martiale et les restrictions de déplacement ne leur permettaient plus de se déplacer avec leurs troupeaux et les différentes tribus ont été regroupées dans une zone au nord du désert du Néguev, appelée Ziyag et où la terre est peu fertile.</p>
<div id="attachment_530" style="width: 926px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/1010448-copie.jpg"><img class="size-full wp-image-530" alt="Thabet montre la Ziyag zone (en blanc) où on été regroupés les bédouins du Néguev depuis les années 50. Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/1010448-copie.jpg" width="916" height="596" /></a><p class="wp-caption-text">Thabet montre la Ziyag zone (en blanc) où on été regroupés les bédouins du Néguev depuis les années 50.<br />Photo (c) <a href="http://mounasaboni.com/">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Très vite, les Bédouins du Néguev sont devenus un « problème » pour Israël. Dès 1963, le général Moshe Dayan n’hésitait pas à dire : <i>«  il faudrait que nous transformions les bédouins en un prolétariat urbain, pour l’industrie, les services publics, la construction et l’agriculture. Le bédouin ne vivrait plus sur ses terres mais deviendrait une personne urbaine (…). Ceci serait une révolution mais c’est réalisable en deux générations. Et ce phénomène des bédouins disparaitra »</i>.</p>
<p>Plusieurs plans se sont alors succédés pour sédentariser les bédouins et mettre un terme à leurs revendications territoriales dans le Neguev. A la fin des années 1960, le gouvernement israélien a décidé de créer 7 villes nouvelles pour y installer les communautés bédouines. La première, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tel_as-Sabi">Tel es-Sabe</a>, fut créée en 1969, la dernière, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hura">Hura</a>, en 1989. Aujourd’hui, près de 100.000 bédouins habitent dans ces 7 villes où les taux de pauvreté, de criminalité et de chômage sont les plus élevés du pays.</p>
<div id="attachment_531" style="width: 746px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins7.jpg"><img class=" wp-image-531" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins7.jpg" width="736" height="506" /></a><p class="wp-caption-text">La ville bédouine de Rahat créée en 1971 et où habitent aujourd&#8217;hui 55.000 personnes.<br />Photo (c) <a href="http://mounasaboni.com/">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Mais tous les Bédouins ne se sont pas installés dans ces villes : 90.000 d’entre eux ont refusé de quitter leurs terres et leurs villages. Et c’est à ceux-là qu’Israël veut aujourd’hui s’attaquer avec son plan Prawer-Begin. <i>« Les Bédouins rejettent ce plan car ils revendiquent leur propriété sur ces terres, ils étaient là bien avant la création d’Israël, c’est le peuple du désert, un peuple ancestral »,</i> explique l’avocat Thabet Abu Rass. <i>« Les Ottomans et les Britanniques ont toujours respecté les coutumes et la loi tribale des bédouins du Néguev. Et aujourd’hui, Israël veut concentrer les bédouins dans une petite zone du nord du désert. La politique israélienne depuis 1948 a 3 composantes : regrouper les Bédouins du Néguev, les sédentariser dans des villes et mettre un terme au conflit sur la propriété de leurs terres ». </i></p>
<div id="attachment_527" style="width: 831px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins1.jpg"><img class="size-full wp-image-527" alt="Le plan Prawer-Begin selon l'association Adalah. On y voit quels villages sont sensés être déplacés. Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins1.jpg" width="821" height="617" /></a><p class="wp-caption-text">Le plan Prawer-Begin selon l&#8217;association Adalah. On y voit quels villages sont sensés être déplacés.<br />Photo (c) <a href="http://mounasaboni.com/">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p><b>Sédentariser pour moderniser ?</b></p>
<p>Du côté du gouvernement israélien, il s’agit avant tout d’améliorer les conditions de vie des bédouins en détruisant les 35 villages non reconnus, dont certains sont peuplés de plus de 8.000 personnes. Une équation que ne comprend pas vraiment Attia el-Assam, le président du conseil des villages non reconnus du Néguev. <i>« Le plan israélien est un plan destructeur et très négatif pour nous. On parle de la confiscation de 50 000 hectares de nos terres, la destruction de 35 villages non reconnus et l’expulsion de 40 000 bédouins de leurs terres. Le gouvernement israélien, lui, parle de sa volonté de promouvoir le mode de vie bédouin. Mais je ne vois pas comment on peut promouvoir un mode de vie en le détruisant, en détruisant nos maisons ».</i></p>
<div id="attachment_532" style="width: 940px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins5.jpg"><img class="size-full wp-image-532" alt="Maisons bédouines dans un des 35 villages non reconnus dans le désert du Néguev. Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins5.jpg" width="930" height="620" /></a><p class="wp-caption-text">Maisons bédouines dans un des 35 villages non reconnus dans le désert du Néguev.<br />Photo (c) <a href="http://mounasaboni.com/">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>D’ailleurs, la majorité des Bédouins qui vivent dans ces villages non reconnus refusent de bouger et d’abandonner leurs terres. A l’image de Khalil et de sa famille : <i>« Nous avons choisi de rester sur les terres de nos ancêtres mais ça ne veut pas dire qu’on est contre la civilisation et la modernité. Par contre, nous sommes contre le projet qui vise à tous nous déplacer et à nous enfermer dans une petite portion de terre. Nous voulons préserver notre mode de vie qui est simple et rural. Et pour cela nous voulons rester sur la terre de nos ancêtres, pas devenir des réfugiés sur nos propres terres ».</i></p>
<p>Mais du côté du gouvernement israélien, on se défend de tout déplacement forcé de population. <i>« Il ne s’agit pas de déplacer les Bédouins mais de créer de nouvelles communautés, modernes, dans la même zone où ils sont déjà »,</i> explique Doron Almog du bureau du premier ministre israélien, <i>« Et cette modernité passe par 4 facteurs : des maisons modernes, des zones industrielles et commerciales, des services comme des écoles, des centres de soins et enfin des infrastructures, des routes. Et pour cela, nous ne pouvons pas reconnaître toutes les petites communautés ou chaque maison de bédouins. Ce n’est pas viable à long terme, ni pour les bédouins ni pour Israël. »</i></p>
<div id="attachment_533" style="width: 958px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins4.jpg"><img class="size-full wp-image-533" alt="Une maison bédouine dans un village non reconnu du désert du Néguev. Photo (c) Mouna Saboni www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/bedouins4.jpg" width="948" height="632" /></a><p class="wp-caption-text">Une maison bédouine dans un village non reconnu du désert du Néguev. Au fond, la ville de Beer Sheva.<br />Photo (c) <a href="http://www.mounasaboni.com">Mouna Saboni</a><br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p><b>Un conflit territorial et identitaire</b></p>
<p>Au centre de la question des Bédouins, il y a surtout un conflit de terres. La plupart des Bédouins du Néguev ont acquis leurs titres de propriété aux Ottomans ou aux Britanniques ; des titres qu’Israël ne reconnaît pas. Les bédouins revendiquent la propriété de 64.000 hectares de terres mais leurs demandes n’ont pour l’instant jamais été entendues.</p>
<p>Le projet Prawer-Begin a donc pour but final de régler une bonne fois pour toute ces problèmes de propriété : 13.000 hectares seront reconnus comme appartenant aux bédouins et les autres familles seront dédommagées financièrement. En tout (indemnisations, déplacements, constructions), le plan est estimé à plus de 10 milliards de shekels. En retour, les bédouins doivent abandonner toute revendication territoriale et accepter d’évacuer la majorité des 35 villages non reconnus.</p>
<p>Derrière ce plan, ce cache aussi une volonté de renforcer la présence juive dans le désert du Néguev. Un enjeu que l’ancien premier ministre Ariel Sharon décrivait en ces termes en 2000 :<i> « Dans le Néguev, nous faisons face à un sérieux problème : près de 90 000 hectares de terres du gouvernement ne sont pas entre nos mains, mais dans celles de la population bédouine. Moi-même, comme résident du Néguev, je rencontre ce problème tous les jours. (&#8230;) Les Bédouins s’approprient de nouveaux territoires. Ils rongent les réserves de terre du pays, et personne ne fait rien de significatif à ce sujet »</i></p>
<p>« ronger les réserves », « s’approprier de nouveaux territoires », des termes qui font enrager Thabet Abu Rass qui rappelle que les Bédouins représentent 30% de la population du Néguev et que leurs revendications ne concernent que 5% des terres. A l’inverse, le désert du Néguev s’étend sur 60% de l’Etat d’Israël et seulement 8% des Israéliens y vivent.</p>
<p><b>Les Bédouins du Néguev : disparition d’un mode de vie ?</b></p>
<p>Le plan qui doit encore être discuté plusieurs fois au parlement israélien peut-il passer ? Thabet Abu Rass en doute. Selon lui, un tel projet ne ferait qu’envenimer la situation et mènerait à une confrontation sanglante avec les Bédouins. Le parlement devra aussi faire face à l’opposition de droite qui reproche au plan Prawer-Begin de donner trop de terres aux Arabes.</p>
<p>Mais alors que le plan est toujours ne discussion au parlement israélien (et qu&#8217;un vote n&#8217;est pas prévu avant début 2014), des démolitions ont déjà lieu dans le Néguev et des avis d&#8217;expulsion ont été distribués. En août dernier, le village non reconnu d&#8217;Al-Arakib au nord de Beer Sheva a été détruit par des bulldozers israéliens pour la <a href="http://www.citizenside.com/fr/photos/politique/2013-08-26/82826/le-village-d-al-arakib-detruit-pour-la-54e-fois-par-les-autorites-israeliennes.html#f=0/766828" class="broken_link">54ème fois depuis 2010</a>. Et une unité spéciale a été créée, Yohav, forte de 250 hommes. <em>« Ces policiers peuvent mener des arrestations et démolir des maisons,</em> explique Thabet Abu Rass, <em>Ils sont policiers, juges et exécutants. On les a vu sur le terrain. Donc le plan Prawer est en marche alors même que le vote au Parlement n’est pas encore fini ».</em></p>
<p>Que le projet soit voté ou non, Khalil Al-Amour s’inquiète pour la sauvegarde de son mode de vie. Depuis les années 50, la présence bédouine est de plus en plus remise en cause par les différents gouvernements israéliens. Ce qui ne donne pas à Khalil de quoi espérer : <i>« Un jour vous viendrez avec vos petits-enfants ici et vous direz : ‘avant il y avait des Bédouins ici, je les ai rencontrés. Mais ils ont tous disparu’. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Aller plus loin :</strong></span></p>
<p>La carte du Néguev et des villages non reconnus, publiée sur le site <a href="http://www.internal-displacement.org/8025708F004BE3B1/%28httpInfoFiles%29/C34E13D547C28781C125742C0051A4CE/$file/isr_rcubv_unrecognized_negev_bedouin_villages_06.jpg" class="broken_link">IDMC </a>(Internal displacement monitoring center)</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La petite histoire de Makhoul, village bédouin palestinien en zone C</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Oct 2013 11:08:11 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le village de bédouins de Makhoul dans la vallée du Jourdain s&#8217;est retrouvé sous le feu des projecteurs médiatiques il y a 15 jours. Pas pour son mode de vie particulier (organisé autour de l&#8217;élevage de chèvres) ni pour la beauté du site (perdu au milieu du désert de pierres). Non, Makhoul s&#8217;est fait connaître suite à <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2013/09/20/01003-20130920ARTFIG00626-des-diplomates-europeens-malmenes-par-l-armee-israelienne.php">l&#8217;accrochage qu&#8217;il y a eu entre une diplomate française et des soldats israéliens</a>.<br />
C&#8217;était le 20 septembre dernier.<br />
Un convoi de diplomates et d&#8217;humanitaires se rend à Makhoul pour apporter à la centaine d&#8217;habitants de quoi se protéger du soleil (la journée) et du froid (la nuit). Dans le camion, il y a des matelas, des couvertures, des bâches, des ustensiles de cuisine. Car, quelques jours plus tôt, le village a été totalement détruit par l&#8217;arme israélienne pour construction illégale.</p>
<p>La suite a été filmée et a fait le tour du Minitel mondial : un convoi humanitaire stoppé par des soldats, une diplomate française qui refuse de désencadre du camion, des esprits qui s&#8217;échauffent, la diplomate française tirée hors du camion puis qui gifle un soldat.<br />
Un événement qui provoque un incident diplomatique entre la France et Israël et qui vaut à Marion Castaing de mettre un terme à sa mission en Terre Sainte. Retour en France au mois de décembre.</p>
<p><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2817ok.jpg"><img class="size-full wp-image-513" alt="Le village de Makhoul détruit le 16 septembre 2013 par l'armée israélienne www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2817ok.jpg" width="3456" height="2304" /></a></p>
<div id="attachment_514" style="width: 3466px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2823ok.jpg"><img class="size-full wp-image-514" alt="www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2823ok.jpg" width="3456" height="2304" /></a><p class="wp-caption-text">www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Mais derrière cet incident diplomatique il y a surtout le sort du village de Makhoul. Un village qui sera (peut-être) bientôt rayé de la carte. Car le 28 août dernier, la Cour suprême israélienne a rejeté une pétition formulée par les habitants de Makhoul contre les avis de démolitions. Et impossible également de reconstruire :  toutes les tentatives depuis le 16 septembre (date des démolitions) ont été stoppées par l’armée israélienne. Ce travailleur humanitaire était sur place lors de l’incident du 20 septembre :</p>
<p><i>« La 4<sup>e</sup> convention de Genève dit clairement qu’Israël, en tant que puissance occupante, doit subvenir aux besoins de la population occupée. Et si elle ne peut ou ne veut pas le faire, elle doit faciliter la distribution directe et rapide d’aide humanitaire. Dans ce cas-ci, non seulement Israël a créé le besoin de cette communauté mais il a en plus empêcher par la force, les personnels de l’ONU, des diplomates européennes et internationaux, des travailleurs humanitaires de venir au secours d’une communauté qui en a urgemment besoin. Notamment en termes d’abri et d’eau. Et ce n’est malheureusement pas la première fois. Les personnels humanitaires dans les territoires palestiniens font de plus en plus face à ce genre de problèmes, leurs cargaisons d’aides sont confisquées. Et cela pose vraiment la question de l’avenir de la distribution de l’aide humanitaire dans les Territoires palestiniens ». </i></p>
<p>Mais finalement qui s’inquiète du droit humanitaire international ?</p>
<p>Pas le gouvernement israélien, en tout cas, qui se retranche derrière sa loi. La loi de l’occupation. Les habitants ont construit sans permis de construire, c’est illégal, donc les constructions doivent être détruites.</p>
<p>Logique implacable.</p>
<p>Mais encore faudrait-il que les Palestiniens qui habitent en zone C, cette zone sous contrôle de l’armée israélienne et qui représente 60% de la Cisjordanie, puissent obtenir ces permis de construire. Charles est le directeur d’une ONG basée à Jérusalem-Est.</p>
<p><i>« Même pour construire des toilettes en zone C, vous devez demander un permis à l’administration civile israélienne. Et ces permis sont très difficiles à obtenir quand vous êtes Palestinien. En fait, 95% des demandes de permis sont rejetées. Et on parle de permis de construire pour des infrastructures de base comme des latrines, pour creuser un puits, installer une citerne ou construire une école. Toutes ces structures nécessitent des permis mais dans les faits, ils ne sont jamais accordés ».</i></p>
<div id="attachment_512" style="width: 3466px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2810ok.jpg"><img class="size-full wp-image-512" alt="Une habitante du village de Makhoul www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2810ok.jpg" width="3456" height="2304" /></a><p class="wp-caption-text">Une habitante du village de Makhoul<br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Voilà donc pourquoi, il y a 40 ans, ces familles de Jénine se sont installées à Makhoul sans permis. Aujourd’hui, il y une petite centaine de personnes, dont une vingtaine d’enfants. Cette femme habite à Makhoul depuis le début.</p>
<p><i>« C’est la première fois qu’on fait face à des démolitions. En 40 ans ici ! Je ne comprends pas pourquoi on s’en prend à nous aujourd’hui. On ne sait pas quoi faire…  On n’a plus de maisons, plus d’abri pour les animaux. Depuis mi-septembre, on dort dehors. Nous les adultes, on s’adapte mais les enfants ?? Et avec l’hiver qui arrive et ne sait vraiment pas ce qu’on va faire. Mais moi je ne bouge pas ! ils peuvent venir détruire autant qu’ils veulent, je reste ici. »</i></p>
<div id="attachment_515" style="width: 3466px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2825ok.jpg"><img class="size-full wp-image-515" alt="Les habitants se réunissent à l'ombre de cet arbre pendant les heures chaudes de la journée www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2825ok.jpg" width="3456" height="2304" /></a><p class="wp-caption-text">Les habitants se réunissent à l&#8217;ombre de cet arbre pendant les heures chaudes de la journée<br />www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
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<p>Pour les soutenir, on remarque la présence discrète des hommes de l’Autorité palestinienne, qui n’ont pas juridiction en zone C.  Ahmed Al Asaad est le vice-gouverneur de Tubas, dans le nord de la Cisjordanie.</p>
<p><i>« Le gouvernorat de Tubas s’étale sur 400km2, et 70% est sous contrôle israélien. Les Israéliens veulent évacuer cette terre de tous les Palestiniens. C’est clair. Mais nous voulons rester et nous resterons. On se bat, on résiste.<br />
Makhoul n’est que la petite histoire dans la grande. Les Israéliens nous pressurisent pour qu’on quitte nos terres. La situation en général est très mauvaise. Mais on reste déterminé. Où voulez-vous qu’on aille ? En enfer ?<br />
Bien sûr, en tant qu’Autorité palestinienne nous ne pouvons pas faire grand chose en zone C. Mais on vient ici pour soutenir les habitants. C’est symbolique! Nous ne pouvons pas utiliser la force mais nous sommes déterminés et c’est important »</i></p>
<p>La « grande histoire » dont parle Ahmed Al-Assad c’est celle de la situation des Palestiniens qui vivent dans la Vallée du Jourdain. Selon les Nations Unies, ils étaient entre 200.000 et 320.000 avant 1967. Mais face aux restrictions et aux démolitions imposées par Israël en zone C, ils ne sont plus que 56 000 aujourd’hui.<br />
Le nombre de colons israéliens en zone C, lui, est passé de 1.200 à 310.000.</p>
<div id="attachment_511" style="width: 3466px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2809ok.jpg"><img class="size-full wp-image-511" alt="www.merblanche.com all rights reserved" src="http://merblanche.com/wp-content/uploads/2013/10/IMG_2809ok.jpg" width="3456" height="2304" /></a><p class="wp-caption-text">www.merblanche.com all rights reserved</p></div>
<p>Aujourd’hui, moins de 1% de la zone C est réservée pour le développement de la population palestinienne. Et selon l’association israélienne B’Tselem, 315 maisons ou abris ou été démolis par Israël entre 2006 et avril 2013 dans la Vallée du Jourdain. A cela s’ajoute, des conditions de vie rudimentaires. Les communautés de la Vallée du Jourdain n’ont le plus souvent pas accès à l’eau. Elles récupèrent l’eau de pluie ou l’achètent à des sociétés privées à des prix très élevés.<br />
Résultat, ces communautés ont à disposition environ 20 litres d’eau par jour et par personne, loin des recommandations de l’OMS à 100 litres par jour et par personne.</p>
<p>Pour en revenir au sort des habitants de Makhoul. Human Rights Watch rappelle que le transfert forcé des populations dans un territoire occupé est un crime au regard du droit international.</p>
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